Davide Gentile Une affaire d’excellence

Dossier sur les italo-canadiens dans les média

2012/11/29 - Written by Gabriel Riel-Salvatore
Davide Gentile Une affaire d’excellence
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« Je me perçois comme une petite PME de l’information » nous révèle Davide Gentile, tête d’affiche aux affaires municipales à la télévision de Radio-Canada. Être entreprenant est un atout majeur pour tout bon journaliste, selon-lui, car les grands reporters se distinguent des autres en cherchant constamment à mettre de l’avant leurs propres histoires. 

Ce fils d’immigrant sicilien et de mère québécoise nous parle de sa double identité comme d’un avantage qui l’a généralement bien servi. Le fait d’évoluer dans deux univers culturels l’a en quelque sorte toujours poussé à jouer un rôle d’observateur. Un réflexe inné qui l’a peut-être même encouragé à devenir journaliste avoue-t-il.

Stimulant sa curiosité, ses origines l’ont amené à côtoyer deux réalités différentes, mais complémentaires. Imprégné en quelque sorte du meilleur des deux mondes, Gentile s’exprime dans un français impeccable et démontre une forte assurance qu’il attribue à ses racines italiennes.

« Je dirais que j’ai hérité de la fougue et du tempérament sanguin des Italiens. Mon père me parlait toujours italien à la maison, mais ça fait longtemps que je ne le pratique plus. Je continue, par contre, à m’exprimer encore beaucoup avec les mains... », précise-t-il en s’esclaffant et en gesticulant.

Aussi perfectionniste qu’un tailleur napolitain, ce quadragénaire a sans doute aussi hérité de ses ancêtres siciliens son acharnement au travail et son côté entrepreneur. Ironiquement, le père de Gentile vient du village de Cattolica-Eraclea, rendu désormais célèbre à Montréal par une poignée d’entrepreneurs en construction qui ont atteint, en l’espace d’une à deux générations, les sommets de la pyramide sociale québécoise. Une situation qui lui vaut parfois quelques railleries de ses collègues qui, comme lui, couvrent les dossiers liés au monde municipal.                       

«Pour ma part je me sens parfaitement intégré. Je n’ai jamais été gêné outre mesure de mes origines méditerranéennes » nous assure-t-il. Son nom italien ne lui a d’ailleurs jamais vraiment posé de problème au cours de sa carrière. Il lui arrive toutefois qu’on le questionne sur la façon de prononcer son nom de famille. « Je formule toujours Gentile avec les accents toniques italiens » affirme-t-il, nous révélant ne pas vouloir dénaturer son patronyme familial.

Le seul compromis qu’il s’autorise touche son prénom qu’il prononce David. Une tendance fortement répandue et acceptée chez ses homologues anglophones (Terry DiMonte, Frank Cavallaro, Tony Marinaro, etc.), ajoute-t-il.

En tant que journaliste, les origines italiennes de Gentile le poussent souvent à aborder ses sujets différemment. «C’est bien entendu que ça forge notre tempérament et que ça change notre perspective sur les choses et nous oblige à être plus pondéré », nous révèlet- il. Ce fut le cas notamment lors de sa couverture du dossier des accommodements raisonnables, durant la commission Bouchard-Taylor. Il faut aller au-delà de l’immédiat, nous explique-t-il, en prenant comme exemple sa famille sicilienne qui, en l’espace d’une génération, s’est parfaitement intégrée. La même chose s’applique, selon-lui, lorsqu’on aborde le thème de la langue dans les études sur le recensement. «Qu’est-ce qu’un allophone? » se questionne-t-il. Sa femme est québécoise d’origine, mais maîtrise cinq langues dont l’italien. « Elle le parle en fait mieux que moi » nous assure Gentile, un peu gêné.                    

Dans le contexte actuel d’ouverture à la diversité dans les médias, Gentile affirme n’avoir jamais senti que son nom l’ait aidé ou nui d’une quelconque manière. Mais, il nous confie, sans vouloir offenser qui que ce soit, qu’il en aurait probablement été bien autrement dans son milieu, s’il avait conservé un fort accent italien.

Gentile souligne ainsi l’importance de bien maîtriser le français et l’anglais pour s’épanouir pleinement dans la société. C’est la clé, au-delà du talent, pour réellement sortir du carcan ethnique et avoir les mêmes chances que les autres explique-t-il. Et c’est justement ce qu’il nous démontre éloquemment, soir après soir, sur nos écrans.

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