Franco Nuovo La radio nouveau genre

Dossier sur les italo-canadiens dans les média

2012/11/29 - Written by Gabriel Riel-Salvatore
Franco Nuovo La radio nouveau genre
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«Il suffit d’avoir deux choses dans la vie pour faire tout ce que l’on veut: un smoking et une paire de jeans.» Voilà, en deux mots, qui résume le personnage de Franco Nuovo, ce grand gaillard aux airs de motard soixante-huitard qu’on a longtemps lu dans le Journal de Montréal et dont la voix suave résonne maintenant, depuis plusieurs années, dans les studios de radio de la Première chaîne de Radio-Canada.   

Né en 1953 à Montréal, Franco Nuovo a toujours vécu son italianité en marge de la communauté italienne à proprement parler. Avant leur installation définitive au Québec, ses parents d’origine sicilienne se sont d’abord transférés dans l’Hexagone, où ils vécurent avec sa soeur aînée pendant quelques années.

S’identifiant naturellement dès son plus jeune âge à la majorité francophone, Nuovo se faisait souvent garder par ses voisins québécois du quartier Rosemont, où il a grandi. Il a aussi poursuivi toutes ses études en français avant de compléter son baccalauréat en sociologie à l'Université de Montréal.                    

Il nous assure toutefois avoir toujours conservé un fort attachement à sa culture d’origine qui semble d’ailleurs vouloir refaire de plus en plus surface ces dernières années. « Je finis toujours par choisir l’Italie, lorsque vient le moment de partir en voyage. C’est plus fort que moi. » nous confie-t-il en riant.

Après un passage dans le monde du spectacle chez KebecSpec, il entre finalement au Journal de Montréal à la fin des années 1970, où il évoluera pendant trente ans comme chroniqueur de cinéma, puis comme columnist.         

«C’est clair que le fait d’être d’origine italienne a eu une influence sur ma carrière de critique cinématographique. » s’empresse de répondre le cinéphile lorsqu’on lui pose la question. On a qu’à penser à tous les films issus de la grande période néo-réaliste italienne ou aux grands classiques de Scorsese et de Coppola pour se convaincre que porter un nom italien comporte son lot de fierté lorsqu’on s’épanche librement sur le septième art. Mais, nous assure-t-il, les voyelles de son nom de famille ne l’ont jamais gêné dans son travail, lui qui affirme d’ailleurs, avoir toujours voulu devenir journaliste. 

«Ce que j’aime avant tout dans mon métier, ce sont les innombrables rencontres qu’on y fait. » Il peine à nous livrer spontanément les personnalités qui l’ont le plus marqué lors de sa longue carrière, tant elles ont été nombreuses. Des noms ne tardent toutefois pas à surgir, un à un : le fameux journaliste-essayiste Pierre Bourgault, le chanteur Charles Aznavour ou l’actrice Jeanne Moreau. Une liste d’invités qu’on s’imagine mal déferler dans les médias anglophones du Québec, que Nuovo avoue avoir peu côtoyés. Ce constat confirme de surcroît que la frontière entre les deux solitudes demeure difficile à franchir dans le milieu journalistique québécois.

Nuovo nous révèle finalement avoir toujours aimé écrire, malgré le fait que ce soit un acte terriblement solitaire qui diffère beaucoup de la spontanéité de la radio. Et bien qu’il s’ennuie du monde de la rédaction, il voue désormais un profond amour à la radio qu’il considère comme un moyen de communication formidable.

Il chérit particulièrement l’esprit d’équipe derrière tout le processus de réalisation d’une émission comme la sienne, Dessine-moi un dimanche, diffusée chaque dimanche de 18h à 22h. Un travail de camaraderie qui s’apparente volontiers, selon lui, à la chimie d’une troupe de théâtre. Bref, un univers extrêmement nourrissant qui, espérons-le, pour le plaisir de ses auditeurs, saura l’alimenter pendant encore longtemps.  

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