Simonetta Barth - Numero 2 au SPVM

2017/08/17
Photos: Robert St-Onge
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Simonetta Barth sera la première femme à occuper le poste de directrice adjointe aux opérations du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à partir du 11 septembre. Mais elle n’aime pas l’attention médiatique associée à cette nomination. « Je ne comprends pas qu’en 2017 cela crée autant de remous. » 

Je n’aime pas être le centre d’attention. J’adore mon travail, et il y a beaucoup à faire : je préfère travailler et faire avancer les dossiers. » Passion, loyauté, dévouement et esprit d’équipe sont des traits qui la caractérisent. On dit aussi que Simonetta Barth est une femme de caractère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Des qualités nécessaires dans ce milieu ? « Je suis travaillante et engagée et je voue un grand respect à l’organisation pour laquelle je travaille. À force de rigueur et de détermination, j’ai fait ma place. Je suis là pour faire le même travail que les autres. »

Panoram Italia : Votre mère, la sénatrice Marisa Ferretti Barth, a-t-elle influencé le cours de votre carrière ?

Simonetta Barth : En 1987, à la suite d’un drame qui a secoué la ville, un programme de rapprochement interculturel a été créé. Ma mère siégeait à ce comité et y a rencontré le directeur de police de l’époque. C’était passionnant de l’entendre en parler, et cela a piqué ma curiosité. Je travaillais alors dans le domaine de l’informatique, mais je trouvais mon travail ennuyeux. Je pense que cet intérêt a grandi au fil des années. Ma mère m’a transmis la passion pour le travail communautaire. 

PI: Vous avez commencé votre carrière en 1989. Était-ce difficile de se faire une place dans un milieu si masculin ?

SB: Je n’ai pas eu de difficulté à m’intégrer. Je crois qu’avant tout il faut se respecter et respecter les autres. Il est vrai que c’est un travail atypique, mais d’autres femmes l’ont fait avant moi. J’écoutais, j’observais, j’apprenais. J’adore mon métier. Je travaille fort et je m’efforce de toujours bien faire. Je sais défendre mes idées et mes opinions, et si je commets une erreur, je vais trouver une solution et appliquer le correctif.

PI:Quel a été votre parcours ?

SB:Lorsqu’on débute dans cette carrière, on fait d’abord de la patrouille. J’ai adoré ce travail. J’ai travaillé dans des quartiers intéressants, j’y ai vécu de belles expériences. Bien sûr, on est appelé seulement lorsqu’il y a des problèmes, et notre défi est de trouver des solutions. J’ai aimé l’aspect humain de ce travail. Arrêter les gens fait aussi partie du travail, et c’est tout aussi intéressant, car on apprend au contact de différentes personnalités. J’ai aimé toutes les étapes de ma carrière. Mais après un certain temps, je me sentais prête à relever un nouveau défi, à apprendre autre chose et à me dépasser. Je suis devenue commandante du poste de quartier 26 (Côte-des-Neiges). J’aime travailler là où il y a de l’action. Je suis aussi retournée aux études et j’ai obtenu une maîtrise en administration publique de l’École nationale d’administration publique (ENAP). 

PI:Vous avez instauré récemment un service Internet pour les citoyens, qui peuvent déposer des plaintes sur une plateforme Web. Quelles sont vos priorités ?

SB:Le rapport des citoyens en ligne était déjà décidé, ma responsabilité a été de l’implanter et de le lancer. Je suis directrice adjointe par intérim à la direction stratégique depuis un an et demi, et en septembre j’occuperai le poste de directrice adjointe aux opérations. Plusieurs projets sont en cours pour améliorer nos services aux citoyens. Notre mission de base est toujours là, mais on doit revoir les façons dont on livre ces services et rendre notre travail plus efficace tout en répondant aux nouvelles tendances en communication. 

PI:Selon vous, quelles sont les qualités essentielles pour faire ce métier ?

SB: Je crois qu’il faut d’abord faire preuve de respect et d’intégrité envers soi-même et envers les personnes avec lesquelles on travaille, peu importe la situation. Ces valeurs sont essentielles.

PI:Vous êtes la première femme à occuper un tel poste à Montréal. Sentez-vous une pression supplémentaire lorsque vous accomplissez votre travail ?

SB: Je suis la première à Montréal, mais pas ailleurs au Québec. Je fais ce que je dois faire. La clé est d’aimer son travail et de s’investir totalement. Si un jour je n’aime plus ce que je fais, je passerai à autre chose. Les médias ont changé beaucoup de chose dans la société, tout est rapporté instantanément, on sait tout ce qui se passe à tout moment. Il peut sembler qu’il y ait davantage de violence dans notre société, mais c’est le contraire. Les statistiques sont à la baisse. Beaucoup d’initiatives sont adoptées qui visent à rapprocher les policiers de la population, des programmes de prévention et de communication sont mis sur pied. À force de persévérance et d’écoute, nous espérons poursuivre et améliorer ces programmes.

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