Milano, 60 Years in the Making

The siblings cannot believe where time has gone – their father Vincenzo Zaurrini founded the store six decades ago. This month, Milano turns 60. “He bought it with my uncle for $6,500 in 1954, which was a lot of money back then,” says Celia.

When Vincenzo Zaurrini and his brother Angelo bought G&G Fruit Store in the mid 1950s, the store was 15 feet large– basically one aisle. “My uncle informed my dad that the owner of G & G wanted to retire. My dad suggested, ‘Why don’t we ask if he would like to sell?’” recounts Celia.

Vincenzo Zaurrini’s vision was to use that space to bring a part of Italy’s flavour to Montreal. He thought to himself, ‘“There are no Italian groceries in Montreal. We’d be the first one,’” says Mario. The store was renamed Milano because it was easy to pronounce and was easily understood in any language. Vincenzo’s new business venture actually brought him back to his roots – a little boy growing up in the town of Celano (in Aquila, Abruzzo), during the Great Depression in the 1920s in a family that farmed and sold crops. Vincenzo was nine years old when his family had enough money in 1933 to immigrate to Canada together.

He went to school but, at the age of 14, Vincenzo had to quit his studies to work and help support the family. “He built himself a trolley, and he would deliver groceries, in fact, he even delivered for G&G grocery store!” says Celia, adding that her father held several jobs and worked seven days a week. “Even when he bought the store, he continued to work as a tailor. He had to keep his day job until the store was generating enough money to support the family.” “I rarely saw my dad when I was a kid. He worked from 5 a.m. until 11 p.m.,” says Mario.

Vincenzo Zaurrini (1978)

But that eventually would change as soon as Mario and Celia were old enough to work. “We had to work. As teenagers, we already knew that every Thursday night, Friday night, Saturday and Sunday, we were working,” says Celia, whose first job was to weigh fruits for customers and then convert the weight to calculate the price – without a calculator. “This is probably why I am good in Math!” says Celia, who handles all the accounting at the store. “You don’t appreciate that kind of experience until much later in life. I was very shy, so it was very difficult for me to talk to customers. It taught us a lot at a very young age.” While Celia and Mario, who is now in charge of operations at Milano, worked behind the counter, their father and uncle were keeping up with demand and constantly importing new products from Italy. “We were the first grocery store in Montreal to offer rapini and Italian parsley,” recalls Mario. Vincenzo then began importing cheese, cold cuts and pasta.

Vincenzo Zaurrini would never pass up an opportunity to buy more real estate on St-Laurent Boulevard. Years went by, and every so often, Zaurrini would expand his business offering more and more products to his clientele. He eventually bought the building that houses Fruiterie Milano. Today, the famous grocery store of la Piccola Italia is more than 12 times the square footage it was in 1954.

What started off as a fruit and vegetable store with only one aisle and four employees is now a full-fledged, one-stop shop with more than 70 employees who handle the countless products that come straight from Italy.

One thing that hasn’t changed is the way people shop at Milano. “People always tell us they enjoy being here. I watch people shop – they are not in a rush. They look carefully at the products, they read all the labels,” says Celia. “It’s a family business – it’s a get-together place where people enjoy meeting and discovering new products,” agrees Mario.

Vincenzo Zaurrini was the head of the family business right up until 2011, when he passed away at the age of 86 – just three years before the store’s 60th anniversary.

“My father always told us that as long as he was healthy and able to manage his store, he would make all the decisions and that only when he would pass away, would we be able to accomplish whatever changes we thought were right,” says Celia. “He liked his old habits, did not want to renovate his crowded tiny office, he was efficient and comfortable that way,” adds Mario. The siblings decided to keep their father’s vision alive and kept the business in the family. After Vincenzo’s passing, Mario and Celia took over the reins and renovated the store.

They say they have no doubts their father is looking down, celebrating and smiling. “If my dad were alive today, he’d be very proud of what we’ve done,” says Mario. “He’d be proud that we persued his vision and improved it,” says Celia, adding that their goal is to continue to offer authentic, homemade, top-quality Italian products. “The goal is to stay ahead of the game – to enhance and give people products they can’t find anywhere else,” says Celia. Besides his vision, Mario says he also wants to continue in his father’s footsteps. “I never thought that one day I’d be in my dad’s shoes – working seven days a week and just loving it!”

Vincenzo Zaurrini and his wife Angelina Numi-Zaurrini 

MILANO, 60 ans d’histoire

Par Sabrina Marandola

Lemois d’août 2014 marque l’anniversaire exceptionnel d’un endroit tout aussi exceptionnel qui, à part peut-être la cuisine de votre « nonna » (grand-maman), offre à Montréal une authentique et vaste sélection de saveurs d’Italie. Dans la ville, son enseigne au lettrage rouge est tout aussi caractéristique que la tour du stade olympique, l’Orange Julep ou l’enseigne en néons des farines Five Roses.

À la vue de la fameuse enseigne de la Fruiterie Milano, n’importe quel montréalais ou touriste sait immédiatement qu’il se trouve en plein coeur de la Petite Italie. « Les gens nous répètent souvent ‘Mais cet endroit est une véritable institution. Votre magasin est historique!’» raconte Mario Zaurrini, qui gère aujourd’hui le supermarché avec sa soeur Celia.

Les frère et soeur sont encore étonnés de constater que tant d’années se soient écoulées depuis le jour où leur père Vincenzo Zaurrini a ouvert le commerce. Ce mois-ci, Milano célébrera ses 60 ans. « Papa a acheté l’épicerie avec mon oncle pour 6500$ en 1954, une somme très importante à l’époque », explique Celia. 

Lorsque Vincenzo Zaurrini et son frère Angelo ont acheté G&G Fruit Store, l’espace n’occupait que 15 pieds de large et ne comptait qu’une seule allée. « Sachant que le propriétaire était âgé et fatigué d’opérer le commerce, mon oncle suggéra à papa de lui proposer d’acheter sa fruiterie », se remémore Celia.

La vision de Vincenzo Zaurrini était d’utiliser cet espace pour proposer des saveurs et des produits italiens à Montréal. « Il s’était dit, ‘il n’existe aucune épicerie italienne à Montréal. Nous serons les premiers’ », dit Mario, ajoutant qu’il nomma le magasin Milano parce que ce nom était facile à prononcer dans toutes les langues. Vincenzo Zaurrini avait déjà l’intuition de ce que Montréal allait devenir !

La nouvelle aventure commerciale de Vincenzo le ramena à ses origines. Enfant, il grandit dans la ville de Celano, dans les Abruzzes (Province d’Aquila), pendant la Grande Dépression des années 1920, dans une famille de maraîchers qui vendaient leurs récoltes. Vincenzo avait neuf ans quand sa famille eut finalement assez d’argent pour immigrer au Canada en 1933. À l’âge de 14 ans, Vincenzo dû quitter l’école pour travailler et aider à subvenir aux besoins de la famille. « Il s’était construit lui-même un charriot pour les commandes qu’il livrait entre autre pour l’épicerie G&G ! » dit Celia, expliquant que son père occupait plusieurs emplois et travaillait sept jours sur sept. « Même lorsqu’il a acheté le commerce de fruits et légumes, il continuait à travailler comme tailleur. Il conserva ce deuxième emploi jusqu’à ce qu’il ait assez d’argent pour prendre soin de sa famille avec un seul travail. »

« Enfant, je ne voyais que rarement mon père. Il travaillait de 5 heures du matin à 11 heures le soir », affirme Mario. Mais cela changea aussitôt que Mario et Celia furent en âge de travailler. « Nous devions absolument travailler. Adolescents, nous savions que les jeudis et vendredis soirs, les samedis et les dimanches, étaient consacrés au travail. » Le premier emploi de Celia consistait à peser les fruits pour les clients et ensuite déterminer leur prix en fonction du poids. « Cela explique pourquoi je suis douée pour les mathématiques aujourd’hui », révèle celle qui s’occupe de l’administration du magasin. « On apprécie la valeur de ces expériences qu’une fois devenu adulte. Enfant, j’étais très timide, c’était difficile pour moi de converser avec les clients. Mon frère et moi avons appris beaucoup très tôt et nous n’avons eu aucun privilège. »

Circa 1978, Vincenzo Zaurrini pose fièrement devant un étalage de fruits et légumes de la Fruiterie Milano.

Alors que Celia et Mario, aujourd’hui responsable des opérations, travaillaient derrière le comptoir, leur père et leur oncle s’adaptaient à la demande sans cesse grandissante de la clientèle en leur proposant toujours davantage de produits d’Italie. « Nous avons été le premier commerce à Montréal à vendre des rapinis et du persil italien », se remémore Mario. Vincenzo commença ensuite à importer des fromages, des viandes froides et des pâtes d’Italie, sans jamais perdre l’occasion d’accroitre son patrimoine immobilier sur le boulevard Saint-Laurent.

Au fil des années, Zaurrini a agrandi régulièrement le petit commerce et il est éventuellement devenu propriétaire de l’édifice qui abrite Milano et qui occupe maintenant plus de douze fois la superficie initiale de 1954. Ce qui débuta comme un modeste magasin de fruits et légumes avec une seule allée et quatre employés est désormais devenu un incontournable supermarché avec plus de 70 employés qui s’affairent à l’énorme sélection de produits importés d’Italie que l’on ne retrouve nulle part ailleurs !

Ce qui n’a pas changé cependant est la façon dont les gens magasinent chez Milano. « Les clients nous disent combien ils adorent venir ici. J’aime les voir faire leurs achats. Ils examinent attentivement les produits, lisent toutes les étiquettes, ce sont de fins connaisseurs ! » assure Celia. « Milano c’est davantage qu’une épicerie, c’est d’abord une entreprise familiale qui a conservé les valeurs traditionnelles de sa culture d’origine. C’est aussi un lieu de rencontre où les gens aiment interagir et découvrir de nouveaux produits », ajoute Mario.

Vincenzo Zaurrini fut à la tête du commerce jusqu’en 2011, année de son décès à l’âge de 86 ans, à peine trois ans avant le 60e anniversaire de la célèbre épicerie. « Mon père nous a toujours dit qu’aussi longtemps qu’il vivrait et qu’il aurait la force de gérer son magasin, nous ne pouvions pas intervenir », explique Celia. Les frère et soeur ont bien sûr respecté la volonté de leur père qui, comme beaucoup d’entrepreneurs de cette génération, tenait à ses habitudes, à son bureau fort modeste et à sa méthode de travail sans doute un peu archaïque mais efficace. Et lorsqu’ils ont pris la relève, ils ont décidé de conserver le caractère familial unique de ce commerce mythique de la Piccola Italia.

Suite au décès de Vincenzo, Mario et Celia ont entrepris d’importantes rénovations. Les transformations croient-ils seraient sûrement appréciées de leur père. « S’il était encore parmi nous, il serait fier de ce que nous avons accomplis », ajoute Mario. « Il serait heureux que l’on ait su adapter et améliorer la vision qu’il avait de son commerce », poursuit Celia, ajoutant que leur principal objectif consiste à offrir les meilleurs produits authentiquement italiens possibles.

« Notre objectif est d’être à l’avant-garde de ce qui se fait et d’offrir à notre clientèle des produits de grande qualité qu’ils ne peuvent pas se procurer ailleurs », explique Celia.

Mario affirme vouloir maintenir la vision de Vincenzo le fondateur, et l’amener plus loin. À son grand étonnement, il constate qu’il a même adopté certaines des habitudes du patriarche, un homme passionné par son travail. « Je n’aurais jamais cru qu’un jour je suivrais les traces de mon père, qui travaillait sept jours par semaine et que j’adorerais cela ! ».

Vincenzo Zaurrini et son épouse Angelina Numi-Zaurrini qu’il a épousé le 2 Août 1948 devant la Fruiterie Milano lors de festivités estivales dans la Piccola Italia.

Vincenzo Zaurrini et son épouse Angelina Numi-Zaurrini qu’il
a épousé le 2 Août 1948 devant la Fruiterie Milano lors de festivités
estivales dans la Piccola Italia.

written by Panoram Italia